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Ils veulent la guerre

Ils veulent la guerre

      Septembre 1806. Les jeunes officiers prussiens pavoisent devant le grand escalier de l’ambassade française. Tous sont mus par le désir de se lancer dans la guerre, et d’aller se couvrir de gloire sur le champ de bataille. A leur tête se trouve le prince Louis-Ferdinand de Prusse. Jeune et ambitieux, le neveu du roi Frédéric le Grand est courageux en diable à la tête de son régiment. C’est aussi un incapable notoire dans l’art militaire.

 

      Encouragés par Louis-Ferdinand de Prusse, les gendarmes de la garde prussienne montent les marches de l’ambassade française. Ils s’arrêtent devant les portes, et inspectent l’intérieur, goguenards. L’ambassadeur Laforêt se garde bien de se montrer. Le jeune prince prussien n’est pas encore satisfait de sa provocation. D’un geste ostentatoire, il ôte son sabre du fourreau, et commence à l’aiguiser sur les marches, aussitôt imité par ses hommes. Le symbole est puissant. Dans quelques jours, Napoléon sera informé.

      Louis-Ferdinand est un pure produit de l’aristocratie prussienne, pour qui le métier des armes est une destinée logique. Le jeune prince brille dans toutes les activités physiques liées à son rang : équitation, escrime et chasse. Impétueux, il fait preuve d’une folle témérité à la tête de son régiment, chargeant sans réfléchir. Et c’est d’ailleurs son problème :  Louis-Ferdinand de Prusse est à peu près incapable de raisonner. L’éducation morale du prince a été largement négligée.

       De justesse capable de lire et d’écrire, Louis-Ferdinand n’aspire qu’à une vie aventureuse et glorieuse. Incapable d’obéir à un ordre, il ne sait que commander, sans disposer d’aucun talent militaire. Mais comme le duc de Brunswick, les généraux Blücher, Rüchel et tant d’autres, il désire à tout prix retrouver le lustre des années de son oncle Frédéric le Grand. Ce qui, comme toujours, passe par faire la guerre à la France.

       Louis-Ferdinand dégaine son pistolet. Il le pointe vers le drapeau français qui flotte au fronton de l’ambassade. Les gendarmes de la garde, cette fois, hésitent. La provocation se porte un peu trop loin. Le prince lui-même finit par se raviser, et remet son arme à l’étui.

       Inutile de risquer de perdre bêtement son commandement, alors que la guerre avec la France semble inévitable. Satisfait, Louis-Ferdinand ordonne l’évacuation. Sur le chemin de la caserne, il rêve de gloire.

       Dans quelques jours, il sera mort.

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