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La première bataille

La première bataille

       Le froid est mordant et sec, la neige est compacte, le vent absent. Des conditions idéales out tout au moins favorables pour manœuvrer. Napoléon observe les lignes ennemies, debout sur le parapet de la tranchée. Un bon tireur dans les rangs adverses pourrait le mettre à terre. Mais l’adversaire est terré dans ses retranchements, isolé, traqué. La victoire, sa première, est une affaire d’heures.

 

       L’ennemi ne devrait pas tarder à contre-attaquer. C’est tout ce qui lui reste à faire, s’il ne veut pas être submergé sous peu. Napoléon ressent le désarroi dans les lignes ennemies. Il arpente ses positions, motive ses troupes pour la phase finale de la bataille. Ici, on déblaie davantage la neige pour améliorer les angles de tirs. Là, au contraire, on renforce les monticules pour cacher jusqu’au dernier moment son potentiel. Les munitions sont vérifiées, rien ne doit être laissé au hasard. Des soldats sont chargés de les fournir directement aux tireurs, pour augmenter la cadence de tir.

       Bonaparte s’aventure hors de la tranchée. On tente de le retenir, mais il semble insensible au danger. Mentalement, il visionne l’assaut ennemi à suivre. Les obstacles, les pentes, la qualité apparente de la neige, tout est étudié. Au bout d’une minute, Napoléon est de retour. Il modifie quelques angles de tir, donne des indications sur les cibles prioritaires. Puis, satisfait, il gagne la position centrale, au milieu de ses soldats. L’adversaire a déjà essuyé de lourdes pertes. Cette contre-attaque sera la dernière. Les rescapés retourneront se terrer dans leurs lignes. Ils seront trop peu nombreux pour tenir face à l’ultime offensive de Napoléon.

       Le froid semble s’intensifier au fil des minutes, à mesure que le soleil décline. L’impatience use les nerfs. Mais soudainement, un cri guttural monte des positions adverses. Aussitôt, des ombres surgissent des parapets, et se précipitent en avant. Elles empruntent exactement les chemins imaginés par Napoléon. Ce dernier lève la main, puis l’abaisse vers l’ennemi.

       Aux premières boules de neige, les jeunes garçons poussent des hurlements d’effroi. Les projectiles sont incrustés de gravillons, provoquant des blessures au visage. Les instructeurs se précipitent dans la cour de l’école militaire de Brienne.

       En quelques secondes, tous les élèves sont contraints de regagner leurs salles de classes. Napoléon sourit en rejoignant son siège.

       A la prochaine pause, il terminera de remporter sa première bataille.

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