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Jamais devant un traître

Jamais devant un traître

        Novembre 1813. Le temps est venu de capituler. Le général Dufresse n’a pas à rougir. Depuis le mois de mars, les Français ont tenu la place de Stettin, repoussant constamment les Prussiens. Les négociations ont permis d’obtenir une capitulation dans l’honneur, et la satisfaction de rentrer en France avec armes et bagages. Napoléon aura besoin de Dufresse pour défendre la France. Dans quelques heures, les Français quitteront Stettin.

 

         Le général Dufresse passe en revue ses hommes. Ils sont tous fiers, malgré la défaite officiellement prévue pour midi. Une défaite toute relative, puisqu’en sept mois de siège, aucun Prussien n’a réussit à franchir les remparts de Stettin. Tous sont heureux de quitter cette triste Poméranie, de revoir la France et leur famille. Dufresse serre les mains, échange quelques mots, hoche la tête. Il donne aussi ses derniers ordres. Les canons endommagés doivent être soigneusement sabotés. Une arrière-garde se tiendra discrètement prête à se battre si besoin.

         Devant la place forte, les Prussiens sont impeccablement disposés, patientant pour l’heure de la capitulation. Le général Von Plötz attend calmement de prendre le commandement de cette garnison qui lui résiste depuis si longtemps. Les sentinelles françaises bien placées ne peuvent s’empêcher d’admirer l’ordre prussien, qui ne souffre aucun défaut. Mais soudain, un cavalier se détache de la masse, vêtu d’un uniforme non germanique. On appelle le général Dufresse. 

          Le nouveau venu semble un haut gradé. Dufresse reconnaît l’uniforme de l’armée suédoise, victorieuse de Ney et Oudinot durant la campagne d’Allemagne. L’homme, qui se révèle être un maréchal, parvient sous les remparts, et commence à dire quelques mots en français. Il s’exprime parfaitement, étant de toute évidence d’origine française. Aussitôt, une clameur se répand sur les remparts. Bernadotte ! C’est Bernadotte !

          Aussitôt, des dizaines de fusil sont épaulés. Dufresse hurle de ne pas tirer. Inutile de gâcher la capitulation. Mais un canon plus lointain ne reçoit pas l’ordre. Le boulet passe à quelques centimètres de la tête de Bernadotte, qui manque de tomber de cheval, et s’enfuit sans demander son reste.

          Quelques minutes plus tard, deux officiers prussiens arrivent en galop, indignés, demandant des explications. Le général Dufresse salut, et répond :

          «  Ce n'est rien, c'est une affaire de police: un déserteur français a été signalé et la grand-garde a tiré! »

           Ne jamais capituler devant un traître.

1 Comments

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      Uriah Todd
      mars 20, 2020

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